Plateforme africaine pour l’éducation des adultes

Le comité de pilotage de la plateforme africaine pour l’éducation des adultes s’est réuni du 22 au 24 février 2010 à Addis-Abeba, Éthiopie, afin de définir des orientations nouvelles sur la base des conclusions de la CONFINTEA VI organisée à Belém, dans l’État du Para, Brésil, en décembre 2009.

Les réseaux africains d’éducation des adultes se réunissent afin de mettre sur pied une stratégie post-CONFINTEA


La plateforme a vu le jour le 28 mars 2008; le but était de mobiliser la société civile africaine et de l’inciter à participer activement à la politique de plaidoyer en faveur de l’éducation des adultes et de l’alphabétisation; cette entreprise s’inscrivait dans la préparation de la sixième CONFINTEA, conférence catégorie 2 des Nations unies organisée tous les 12 ans pour faire le point sur les progrès réalisés dans les domaines de l’éducation et de l’apprentissage tout au long de la vie.

Quatre réseaux régionaux spécialisés sur les questions d’éducation des adultes et travaillant avec des apprenants adultes sont à l’origine de la création de cette plateforme: ANCEFA, FEMNET, PAALEA et PAMOJA. Le comité de pilotage est composé de membres de ces organisations, les activités de la plateforme sont coordonnées par un petit secrétariat basé au Mali.

Le mandat initial, modeste, était axé sur les processus régionaux et internationaux de la CONFINTEA. Les membres résolurent de plaider en faveur d’une participation gouvernementale à haut niveau à la conférence régionale préparatoire et à la Conférence des Nations unies: le but était de promouvoir l’image de l’éducation des adultes et de renforcer, en Afrique, l’engagement des gouvernements, des ins titutions décideuses et des populations. Sous une autre perspective, la plateforme a également présenté les progrès réalisés dans le domaine de l’EA sur le continent à l’aide d’un rapport parallèle rédigé par les organisations de la société civile, qui fut pris en compte dans le rapport régional pour l’Afrique préparé par l’UNESCO. Le rapport régional constituait la base du Cadre d’action de Belém.

La plateforme a également contribué à populariser l’agenda de l’éducation des adultes au sein de différents forums et mouvement sociaux tels le Forum social mondial et le Forum social africain, mais aussi au sein de campagnes mondiales telles la Campagne contre la pauvreté ou le Mouvement mondial pour l’éducation. Ses initiatives collectives ont amélioré la visibilité des organisations de la société civile africaines, qui ont pu faire entendre leurs voix et celles des apprenants lors de la Conférence préparatoire régionale de la CONFINTEA réunie à Nairobi vers la fin de l’année 2008, mais aussi au Forum international de la société civile (FISC) sur l’éducation des adultes organisé avant et pendant la CONFINTEA VI. C’est un tableau nettement différent de la dernière CONFINTEA réunie à Hambourg en 1997, où la présence et l’engagement des organisations de la société civile et des gouvernements africains étaient pratiquement inexistants.

Lalla El Oumrany, actuelle coordinatrice de la plateforme, déclare:

«Nous sommes parvenus à atteindre les quatre principaux objectifs fixés; c’est une prouesse en soi vu les circonstances dans lesquelles la plateforme a été créée et l’impressionnant travail qui l’attendait».

Madame Jennifer Chiwela, présidente de l’ANCEFA, partage également cet avis; selon elle,

«le processus de la CONFINTEA a confirmé que la plateforme joue un rôle décisif, même si notre agenda initial a évolué depuis, nous obligeant ainsi à revoir notre raison d’être et nos orientations futures».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les membres du comité de pilotage se montrent certes extrêmement satisfaits des résultats obtenus, mais reconnaissent que d’importantes réformes doivent être réalisées si l’on veut que la plateforme travaille de manière plus pertinente et plus stratégique. Le plus grand défi consiste à définir clairement l’identité de la plateforme et son ancrage. Dans le passé, le fait qu’elle ait été hébergée par une autre organisation a créé des tensions au niveau opérationnel. La grande dépendance vis-à-vis des fonds (limités) des donateurs compromettait son intégrité et son autonomie. Elle était considérée comme un instrument transitoire, et non pas stratégique et durable.

Les membres souhaitent renforcer le rôle de la plateforme afin de pouvoir concrétiser le programme du Cadre d’action de Belém et d’autres engagements en faveur de l’éducation des adultes, de l’apprentissage tout au long de la vie et de l’autonomisation des peuples aux niveaux international et régional. Leur intention est d’en faire une plateforme de plaidoyer en faveur de l’éducation des adultes et de l’apprentissage tout au long de la vie sur l’ensemble du continent, mais aussi un fer de lance du développement des connaissances dans ces deux domaines en Afrique. Ils souhaitent enfin que la plateforme synchronise les efforts déployés par ses membres (et d’autres acteurs en Afrique) dans ces deux secteurs.

Le comité de pilotage a élaboré un document stratégique dans le but de faire connaître les nouvelles orientations de la plateforme. Le défi consiste à éveiller l’intérêt de tous ceux qui font un lien entre l’éducation des adultes, l’apprentissage tout au long de la vie et l’autonomisation des populations, afin qu’ils soutiennent de tout leur coeur la plateforme dans ses nouvelles orientations. Les membres ont compris combien il est important de poursuivre énergiquement l’impulsion créée par la CONFINTEA en Afrique, où les taux d’adultes illettrés, en majorité des femmes, restent élevés.